Les entreprises canadiennes sont encore plus endettées alors que les tarifs douaniers et la pression liée aux paiements s’intensifient
Les données d’Equifax Canada révèlent que la dette moyenne par entreprise a augmenté de 7,3 %, alors que les retards de paiement atteignent un sommet pluriannuel; la pression s’accroît du côté des entreprises à risque plus élevé.
Pouls du marché d’Equifax Canada — Rapport trimestriel sur les tendances du crédit aux entreprises du T2 2026
TORONTO, 14 sept. 2026 (GLOBE NEWSWIRE) -- Selon de nouvelles données sur les tendances du crédit commercial du T2 2026 d’Equifax Canada, les entreprises canadiennes s’endettent davantage et montrent des signes de difficultés croissantes sur le plan des paiements auprès des banques et des prêteurs. De plus, les changements récents apportés aux tarifs douaniers sont source d’incertitude supplémentaire pour les organisations aux prises avec un endettement important et des difficultés de trésorerie.
La dette commerciale moyenne par entreprise a augmenté de 7,3 % en glissement annuel pour atteindre 30 581 $ au T2, tandis que le taux d’arriérés de 60 jours et plus sur les produits de crédit financier a atteint son plus haut résultat depuis 2019, soit 4,0 %, ce qui représente une hausse de 19,7 % en glissement annuel. « Les données continuent de montrer un écart important dans la façon dont les entreprises canadiennes gèrent leurs obligations financières », a déclaré Jeff Brown, chef des solutions commerciales à Equifax Canada. « Les entreprises semblent faire un meilleur travail pour rester à jour auprès des fournisseurs dont elles dépendent pour continuer d’exercer leurs activités, pendant que la pression liée aux paiements auprès des banques et des prêteurs continue de s’accentuer. Cela laisse entendre que de nombreuses entreprises doivent encore faire des choix difficiles quant à l’affectation de leurs liquidités. »
Les tarifs douaniers entraînent de l’incertitude dans des secteurs essentiels
Les changements récents apportés aux tarifs douaniers touchent certaines exportations canadiennes et entraînent une pression supplémentaire pour les entreprises et les secteurs qui sont déjà confrontés à un endettement important et à des difficultés de trésorerie. Les propositions de restructuration d’entreprise ont grimpé de 30,32 % en glissement annuel. Parallèlement, les retards de paiement aux fournisseurs ont continué de diminuer. Le taux d’arriérés de 60 jours et plus lié aux opérations commerciales non financières a chuté de 24,4 % en glissement annuel pour atteindre 4,26 %. « Il s’agit d’une période de volatilité et d’incertitude importantes sur le plan de l’économie et du marché. Equifax Canada est déterminée à aider les prêteurs à prendre des décisions éclairées en matière de prêt, afin que les entreprises aient accès aux capitaux dont elles ont besoin pour maintenir la prospérité de notre économie », a souligné M. Brown.
L’augmentation de l’endettement touche principalement les entreprises à risque plus élevé
L’accroissement du niveau d’endettement des entreprises ne se fait pas sentir de manière uniforme dans l’ensemble du marché. Les entreprises à risque élevé (qui sont celles affichant un pointage du risque de défaillance d’entreprise d'Equifax entre 1026 et 1060) ont été associées à la dette moyenne la plus importante, soit 125 517 $ par entreprise, ce qui représente une hausse de 48,2 % en glissement annuel. Les entreprises liées au niveau de risque le plus élevé ont vu leurs soldes moyens plus que doubler en augmentant de 103,1 % pour atteindre 42 986 $.
L’endettement a également fortement augmenté du côté des plus jeunes entreprises au Canada. Les entreprises de 12 mois ou moins, qui sont souvent confrontées à des coûts de démarrage plus élevés, ont enregistré une augmentation de 71,7 % en glissement annuel sur le plan du solde de la dette moyenne pour atteindre 48 173 $.
« Ce sont ces entreprises que nous devons surveiller de près », a déclaré M. Brown. « L’augmentation de l’endettement n’est pas nécessairement un signe de détresse financière en soi, en particulier pour une jeune entreprise ou une entreprise en pleine croissance. Le problème se pose lorsque l’augmentation rapide des soldes s’accompagne d’une plus grande difficulté à respecter ses obligations financières. »
Les entreprises ont également continué de moins s’appuyer sur le crédit renouvelable. La moyenne des soldes liés aux marges de crédit a diminué de 14,6 % en glissement annuel pour s’établir à 17 570 $, tandis que la moyenne des soldes de cartes de crédit commerciales a diminué de 8,9 % pour atteindre 5 412 $. En revanche, la moyenne des soldes liés aux prêts à tempérament a augmenté de 6,9 % pour atteindre 131 107 $, ce qui peut suggérer que les entreprises cherchent d’autres solutions en matière de consolidation de dettes.
Le nombre d’entreprises ayant enregistré au moins un retard de paiement de 30 jours et plus a diminué de 3,6 % en glissement annuel pour s’établir à 271 645. La gravité des retards de paiement sur les produits financiers a toutefois continué de s’intensifier.
Le taux d’arriérés de 60 jours et plus lié aux cartes de crédit commerciales a augmenté de 24 % en glissement annuel, pour atteindre 4,07 %.
Le rendement du crédit montre un écart grandissant entre les provinces
L’Ontario a enregistré le taux d’arriérés provincial le plus élevé sur le plan des opérations financières, soit 4,44 %, suivi de l’Alberta et du Manitoba, qui ont affiché respectivement 3,93 % et 3,68 %.
La tendance inverse se produit sur le plan des paiements aux fournisseurs. Les arriérés liés aux opérations non financières ont diminué dans toutes les régions, dont des baisses de plus de 20 % en Ontario, au Québec, en Alberta, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique.
La Colombie-Britannique a commencé le deuxième semestre de 2026 en affichant la dette commerciale moyenne par entreprise la plus élevée au Canada, soit 79 171 $, tandis que les interrogations de crédit commerciales ont diminué de 4 % en glissement annuel dans la province. Les entreprises des régions de l’Atlantique ont enregistré la hausse la plus rapide de la dette moyenne avec un résultat de 21,2 %.
« La baisse des arriérés liés aux fournisseurs est encourageante, mais elle ne doit pas nécessairement être interprétée comme une preuve que les conditions d’affaires s’améliorent dans l’ensemble », a ajouté M. Brown. « Lorsque les entreprises restent à jour auprès des fournisseurs tout en prenant encore plus de retard auprès des prêteurs, cela peut être une indication qu’elles accordent la priorité aux paiements les plus importants pour veiller au maintien de leurs activités. »
Les entreprises demeurent prudentes quant aux nouvelles demandes de crédit
Les demandes de crédit commerciales ont augmenté globalement de 2,6 % au T2 pour atteindre 259 720. Les demandes de crédit liées au secteur de la fabrication ont diminué de 3,5 % en glissement annuel. Ce secteur a également connu une augmentation de 21,9 % en glissement annuel sur le plan des arriérés sur les prêts bancaires de 60 jours et plus, qui ont atteint 4,5 %.
De plus en plus d’entreprises cherchent à se restructurer
Des statistiques fédérales distinctes sur l’insolvabilité indiquent également des tendances changeantes parmi les entreprises qui cherchent à se restructurer. Selon le Bureau du surintendant des faillites, 1 281 déclarations d’insolvabilité commerciale ont été soumises au cours du T2 2026, un résultat qui demeure pratiquement le même depuis l’année dernière. Le nombre de faillites a toutefois diminué de 8,1 %, tandis que les propositions de restructuration ont augmenté de 30,3 % en glissement annuel.
« Ce changement suggère qu’une proportion croissante d’entreprises insolvables tentent de restructurer leurs obligations plutôt que de déclarer faillite directement », a précisé M. Brown.
Le secteur des transports et de l’entreposage a enregistré une augmentation de 36 % en glissement annuel sur le plan des cas d’insolvabilité, tandis que celui de la construction a enregistré le plus grand nombre de déclarations d’insolvabilité à l’échelle nationale avec un résultat de 214, ce qui représente une augmentation de 2 % en glissement annuel.
Les entreprises entrent dans une période d’incertitude continue liée à l’économie et aux opérations commerciales
Les résultats du T2 s’expliquent par l’incertitude persistante qui plane sur la croissance économique, les taux d’intérêt, les coûts d’exploitation et l’évolution de l’environnement commercial canado-américain.
« Pour les entreprises, cela rend la gestion des flux de trésorerie et la compréhension de leur situation de crédit de plus en plus importantes », a conclu M. Brown. « Les données suggèrent que de nombreuses entreprises canadiennes sont prudentes face aux emprunts, tout en gérant une dette plus élevée et une pression croissante sur le plan des paiements. »
Equifax est déterminée à travailler en partenariat avec les prêteurs aux petites entreprises afin de soutenir la croissance et la santé à long terme des petites entreprises canadiennes, en offrant des données et des aperçus à l’écosystème financier canadien afin que l’économie canadienne puisse aller de l’avant.
Analyse par provinces - Arriérés de 60 jours et + (sur le plan des comptes)
| Province | Taux d’arriérés : opérations financières (T2 2026) |
Variation du taux d’arriérés : opérations financières (T2 2026 vs T2 2025) |
Taux d’arriérés : opérations non financières (T2 2026) |
Variation du taux d’arriérés : opérations non financières (T2 2026 vs T2 2025) |
||||
| Ontario | 4,44 | % | 22,17 | % | 4,28 | % | -23,72 | % |
| Québec | 3,57 | % | 11,00 | % | 3,24 | % | -23,92 | % |
| Nouvelle-Écosse | 3,11 | % | 26,87 | % | 4,50 | % | -29,07 | % |
| Nouveau-Brunswick | 3,19 | % | 18,38 | % | 3,72 | % | -23,38 | % |
| Î.-P.-É. | 3,15 | % | 23,36 | % | 3,10 | % | -32,02 | % |
| Terre-Neuve | 3,46 | % | 21,62 | % | 3,96 | % | -20,77 | % |
| Région de l’Est | 3,20 | % | 22,59 | % | 4,02 | % | -26,60 | % |
| Alberta | 3,93 | % | 20,78 | % | 5,29 | % | -25,20 | % |
| Manitoba | 3,68 | % | 15,24 | % | 3,91 | % | -13,02 | % |
| Saskatchewan | 3,34 | % | 17,05 | % | 5,20 | % | -21,83 | % |
| Colombie-Britannique | 3,44 | % | 17,59 | % | 4,99 | % | -23,93 | % |
| Région de l’Ouest | 3,65 | % | 18,84 | % | 5,00 | % | -23,23 | % |
| Canada | 4,00 | % | 19,71 | % | 4,26 | % | -24,36 | % |
* Selon les données Equifax du T2 2026
À propos d’Equifax
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